Le courrier de Christine Renon directrice épuisée retrouvée morte dans son école

Le courrier de Christine Renon directrice épuisée retrouvée morte dans son école

Voici le courrier rendu publique par les médias que Christine RENON, directrice d’école maternelle de 58 ans, a envoyé à l’inspection académique et aux écoles de la ville de Pantin avant de se donner la mort.

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16 Comments on “Le courrier de Christine Renon directrice épuisée retrouvée morte dans son école

  1. Mais comme je comprends ..je ne veux pas en arriver là mais ce début d’année scolaire est vraiment horrible . Et que dire de forcer les parents à mettre leurs enfants à la sieste à 3 ans alors qu ils peuvent se reposer à la maison chez mamie ou chez la nounou .
    Et la nouvelle collègue qui à mon avis met les petits élèves de sa classe en danger par manque de surveillance ( et je ne parle pas du contenu inexistant des apprentissages). Et l ecole de la république (oui j ai pas envie de mettre une majuscule) qui laisse les municipalités décider des horaires scolaires …et oui j ai pas encore mis à jour le PPMS ni le DUER …j ai bien rempli le CSP dans onde en voyant pertinemment que les parents n avaient pas tous compris et mis un nombre au hasard ….j en passe …je suis déjà épuisée..et j ai ma classe aussi …

  2. Moi aussi, je comprends! Petite école de 3 classes dans un petit village de 1200 habitants avec environ 50% de logements sociaux… Directrice non déchargée avec de 28 à 30 voire plus élèves, avec 2 ATSEM belle-sœurs entre elles et en famille avec les conseillers municipaux et donc très proches du maire et qui font la pluie et le beau temps dans l’école… Qui se permettent de m’insulter et de me dire que ça fait 10 ans qu’elles attendent que je me mette au boulot… Et l’inspectrice qui tout en étant au courant de la situation me dit juste vous n’avez qu’à taper du poing sur la table alors que je venais de lui dire que le maire m’avait lui-même dit: « vous comprenez, si je leur dit quelque chose, dans la minute qui suit j’ai la 1ère adjointe au téléphone… donc, je ne dis rien… Plus la surcharge de travail de direction qui n’a fait qu’empirer d’année en année. Moi aussi j’ai eu à convoquer des parents pour leur dire que j’allais devoir faire un signalement car le gosse nous avait dit subir des violences physiques. Résultat, ds les 15 jours, il a été changé d’école. Je me suis battue pendant 4 ans pour un élève, j’ai fait 1 premier signalement, puis j’ai voulu faire un second que l’inspection m’a bloqué, en prétextant que je n’avais pas de preuves! Mais c’est bien moi qui avait la maman au téléphone 3 fois par semaine! Et oui, la pauvre étant handicapée et sachant à peine lire me disait les choses oralement! Elle criait à l’aide, mais personne n’a répondu! J’ai appelé la PMI et on m’a répondu qu’il fallait que ce soit elle qui fasse la démarche! et quand enfin en juin avant l’entrée au CP, ça a commencé à bouger, les 2 enfants enfants de la fratrie ont été placés en 4 mois de temps! à peine 6 mois plus tard, la maman était de nouveau enceinte!!! un autre élève qui est arrivé un jeudi matin à l’école avec sur la joue la trace des 5 doigts de la main de la mère et qui nous dit que ça s’était passé le mardi soir car il avait piqué le rouge à lèvre de la copine de sa mère. J’ai bataillé toute la journée pour que le médecin scolaire vienne constater et elle me répondait que comme il était en PS, c’était à la PMI de venir et ils se sont renvoyé la balle toute la journée! Le médecin scolaire est enfin venu vers 16h et m’a fait appeler la mère, lui demander ce qui s’était passé! Mais elle ne lui a pas parlé… Heureusement, elle a fait un signalement et moi aussi, le gamin a très vite été placé, mais on a laissé les 2 autres à la mère sans se poser de questions et là encore, 3 mois plus tard, elle était enceinte et a déménagé! Tout cela m’a menée au burn out et, un divorce en plus, à la dépression et encore c’était en 2013! Je n’ai jamais pu obtenir la longue maladie, car ds mon département, le 77, le psychiatre de la commission n’accorde aucun CLM, ni CLD pour dépression. Au bout d’un an j’ai donc été mise à dispo d’office et aux vues des conditions de travail qui se sont encore détériorées, je ne me suis jamais sentie la force de reprendre une classe. J’ai demandé un poste adapté qui m’a été refusé, j’ai donc été placée en retraite anticipée pour invalidité à moins de 50 ans. Alors, je ne me suis pas suicidée, essentiellement pour mes enfants que j’ai eu relativement tard et qui avait à l’époque 10 et 14 ans, mais j’y ai souvent pensé et pour rien au monde je ne reprendrai une classe! Je ne suis plus du tout en adéquation avec le métier, ce n’est plus celui pour lequel j’ai signé en 1994!!!

  3. Oh oui, le travail de directeur(trice) est épuisant et difficile.

    Je suis PE en début de carrière (7 ans), je suis passée par plusieurs école et j’ai déjà été témoin de la complexité de ces fonctions.
    Il y a deux ans, j’ai vu ma collègue abandonné en cours d’année ses fonctions de directrice et changé d’école.
    Cette année, dans une autre ville, je vois les cernes sur le visage de ma directrice s’assombrir chaque jour. « M » fait un travail remarquable: comme dans les témoignages précédents, elle gère des dizaines de problèmes administratifs par jour (ce matin: PPRE, inscriptions au plan de formation, harcèlement du bureau des AESH pour qu’ils nous envoie quelqu’un, passer des commandes de matériel … ), + sa classe à gérer + les multiples incidents (accident à la récré; parents outranciers…) + les services qu’elle nous rend à nous les PE pour nous simplifier la vie (réserver le bus pour MA prochaine sortie…)
    Elle a à peine le temps de manger le midi et reste tard le soir.
    Elle souffre en silence de problèmes de santé car elle préfère ne pas être en arrêt maladie au risque de prendre du retard dans son job…
    Elle oublie un jour sur deux d’aller ouvrir le portail à midi; elle est en retard pour ses surveillances récrés; fait pleins de coquilles dans les plannings de réunions… Mais comment lui reprocher !?!!

    Je serai incapable de faire un dixième de ce qu’elle fait.
    Je l’admire et ,j’admire tous les directeurs(trices) d’école.
    Même ceux qui craquent ! Surtout eux. Il y a une terrible auto-culpabilisation dans notre métier. Il ne faut surtout pas culpabiliser.
    Bon courage à tous et toutes.

  4. Il faudra combien de Christine pour que cette énorme machine qui tourne à vide et mal au grès des reformes de chaque ministre qui veut laisser une trace de son éphémère passage, s’adapte enfin aux humains et non l’inverse. Personne ne gagne ni les enfants ni les enseignants. Le métier de prof est attirant tant que tu ne l’as pas fait. Nous déchantons TOUS. Pauvre Christine et pauvre France. Toutes mes pensées émues à ses proches.

  5. Démissionnez !
    Vous êtes presque toutes et tous Bac+4 ou 5.
    Le secteur privé et la FP recrutent des cadres (avec difficulté) à ce niveau d’étude.
    Tant que vous continuez à supporter ce système (qui ne doit pas grand chose au MEDEF, que je sache…), il vous exploitera et ne changera rien.
    En 1917, ce sont les mutineries qui ont amené Pétain au commandement, pas les remords de Nivelle…

  6. J’ai vécu tout ça mais j’ai heureusement trouvé une porte de sortie. Je suis maintenant remplaçante et mon expérience (de 25 ans) me permet d’observer le fonctionnement de notre école avec une certaine sérénité. Ce qui m’interpelle le plus dans ces témoignages et que j’entends régulièrement auprès de mes collègues de plus de 50 ans, c’est le manque de perspectives. En effet, notre carrière s’est trouvée rallongée d’office et que deviendrons toutes ces mamies ou papis qui s’occuperont d’enfants de plus en plus difficiles jusqu’à des âges avancés ? Nous avons déjà été recrutés à bac + 3-4 voire + et travaillerons encore à 65 ans et plus dans des conditions que nous n’arrivons même pas à imaginer tellement les choses se sont dégradées en 10-15 ans. C’est l’esprit de corps qui nous emmure dans une citadelle et nous n’imaginons même pas faire autre chose tout simplement parce qu’après 50 ans, on nous considère comme des vieux (même si nous restons dynamiques et enthousiastes). Les directeurs sont victimes d’une individualisation de la société au même titre qu’un paysan, un policier, un artisan. Et on prône la bienveillance …

  7. Je me demande si nous avons le droit d’afficher cette lettre sur le tableau d’affichage de l’école ?
    Je suis nouvelle directrice et je peux dire qu’en 3 semaines j’ai déjà versé quelques larmes… On me dira certainement que c’est moi qui ait choisi ce poste donc que je dois assumer mes choix. Soit ! Et si mon choix de directrice était d’afficher cette lettre pour montrer la réalité de notre travail, pourrais-je être sanctionnée pour cela ?
    A savoir que l’IEN et autres CPD viendront prochainement dans l’école…
    Merci et courage à tous et toutes.

  8. Je ne suis pas enseignante. Je suis infirmière avec plusieurs burn out. Quelle dégradation depuis mon diplome d’état en 1980. Nous n’avions pas de charte de bientraitance, nous tentions de travailler avec humanisme, passions et bon sens, nous étions moins encombré par toutes sortes de protocoles.
    Quelle corrélation entre les deux professions:
    – travail avec des sujets vulnérables,
    – beaucoup d’heures…,
    – fonction publique!,
    – nombreux ministre qui traitent la santé comme un commerce…
    NOTRE FRANCE EST BIEN MALADE, PAS ENCORE A L’AGONIE, QUI POURRAIT LA SAUVER????
    RESPECT CHRISTINE,Vous êtes allée au bout de votre vie pour la cause des plus jeunes, merci pour eux.

  9. J’étais directrice de maternelle ,j’ai pris ma retraite en juin 2011 et cette retraite, je l’ai amplement méritée, car les soucis et embêtements divers se sont accumulés au fil des années comme si le progrès des ordinateurs,au lieu d’être une aide, avait au contraire créer une surcharge de travail. Je vois en lisant la lettre de Christine, que les obligations ont encore augmenté , ça devient fou ce métier . Même si on l’aime , surtout ne pas le faire longtemps, d’avoir s’arrêter à temps ….
    RIP Christine…

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